Le jour où je n’ai pas rangé les skis.

Bruno Compagnet et Layla Jean Kerley étaient aux Grands Montets la semaine précédant la fermeture. Il y avait de la neige, des potes et aucune attente pour prendre les bennes, de quoi raviver la nostalgie d’un monde révolu. Néanmoins, Bruno s’est senti seul.

Dans un monde où les images, les tendances et les mouvements se répandent à la vitesse de la lumière, où le temps n’en finit pas d’accélérer et où le ski – espace de liberté et de plaisir marque une pause salvatrice dans un quotidien fulgurant – il m’arrive de me poser des questions sur la capacité de raisonnement de mes semblables.

Depuis quelques jours, je skie aux Grand Montets en compagnie de toute une bande de skieurs qui profitent d’une excellente neige de printemps et enchaînent les descentes avec un temps d’attente permettant de socialiser avec les autres habitants de cette belle vallée des Alpes. Oui, je m’étonne et me réjouis que l’on soit si peu nombreux. Pourtant quelque chose m’interpelle, où sont donc passés les autres ?

Il est vrai que sur les réseaux sociaux, on a des roues à faire tourner et des plages à visiter. Mais cette manie de toujours vouloir être en avance sur tout et sur tous, les saisons, les autres, la vie en général tourne parfois au ridicule. Une des grandes leçons des sports de glisse est de savoir être au bon endroit au bon moment. Peut-être que certains en ont marre du ski et de la neige ? Encore qu’avec l’hiver que l’on vient de vivre… Comme si le ski ne se pratiquait que l’hiver avec de la poudre – quand bien même elle n’est ni très bonne ni très épaisse. Ah, ils sont nombreux à se bousculer dans les files d’attente pour se précipiter sur des runs où ils pourront éclater une carre de leurs nouveaux skis sur un caillou qui n’attendait que ça.

C’est incroyable le plaisir que j’ai pris ces derniers jours à skier de la neige marron, sale et brillante, à conduire des courbes sur de la crème réchauffée et à m’éclater comme un gosse. La qualité de neige n’avait plus d’importance, seul comptait le fait d’être là-haut avec mes amis. Être capable de s’adapter est une des clefs de la survie, mais aussi du bonheur. Refusez la dictature des images, de l’instantané, du virtuel ! Pensez par vous-même… Et jouissez sans entraves…

Bon été à tous !

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