ski sauvage Nouvelle Zélande |
mission en approche

Le 3 juillet prochain marquera le retour du blackcrows ski sauvage tour en Nouvelle Zélande. L’occasion de revenir sur l’édition 2020 de la tournée: un cru mémorable de ski féroce aux couleurs de l’escadron avec des kiwis indomptables remplis de bonnes ondes, de la mauvaise neige et une joie indescriptible de la skier pour célébrer l’amour de l’hiver sur la terre du long nuage blanc.

Dans la pénombre, le commandant s’exclame.
“Voila ta bière”. Il est temps de parler affaires.
Ski Sauvage. A la sauce Kiwicrows.”

Hey Google, définit moi sauvage vite fait :
Primitif. Féral. Indompté. Incivilisé. Intimidant. Brute. Féroce. Barbare. Sans pitié.

Ceci étant dit, nos instructions étaient claires. La carte de route s’établissait devant nos yeux. La tournée qui s’annonçait ne ressemblerait à aucune autre.

On a établi notre chemin et répandu la nouvelle partout. Treble Cone, The Remarkables, Ohau , Mt Olympus, Cardrona, Coronet Peak, Porter Heights, Craigieburn, Mt Hutt, Temple Basin. Des montagnes légendaires, toutes chargées d’histoires et de relief.

Ce devait être une vitrine épique de l’hiver néo-zélandais, unique et tout à fait sauvage. Une île où l’on célèbre la poudreuse jusqu’à la taille avec le même enthousiasme que les journées avec le vent dans la tronche, la neige fondue de printemps, ou la terre battue. Une île définie par un hiver glorieux sur les sommets, et un printemps qui dure toute l’année dans les vallées. Un pays ou l’on monte au sommet, on skie jusqu’à notre parapente, on vole jusqu’au bike park, on fait un tour au skate park, on skate jusqu’au pub, et on rentre à la maison en kayak. Un véritable paradis pour les multisports.

Le camion était chargé, les appareils photo rechargés, et les canapés réservés.

Je vais vous épargner le compte-rendu de la tournée au jour le jour, et me concentrer sur quelques endroits et moments qui, selon moi, incarnent l’esprit des crows. Des moments de beauté, de défis et de dépassement.

Tout d’abord, Treble Cone. La maison de cœur des KiwiCrows. Avec son espace de jeu sans égal, ses pentes soutenues, ses half-pipes naturels et ses couloirs emblématiques, Treble Cone est le berceau de générations de freeriders de renommée dans le monde. Et après trois semaines sans neige et des températures chaudes à suer, on peut dire que les conditions étaient absolument idéales. Confus ? Eh bien tandis que Treble Cone est vraiment inégalé en termes de hype lors d’une journée de poudreuse, tout le monde sait que le ski sur herbe reste la véritable démonstration de maîtrise dans ces régions. A pleine vitesse, skis serrés, penchés en arrière, et peu importe ce qui vient vers vous. Surtout jamais, jamais de chasse-neige.

Prochain arrêt, la station de Remarkables. Nommée à juste titre. Un nouvel escadron bien fourni, encore une pure journée qui s’annonce. Avec les durs à cuire de Dawson qui menaient le bal, nous étions en route pour une journée d’anthologie. Skis sur l’épaule. Marche, marche, marche. Soudain, la crête arrive, et les chutes d’Alta s’étendent devant nous : nous sommes en lieu et place de la compétition Freeride World Qualifier 4*. Les jeunes locaux ouvrent la voie, déchirant le run de haut en bas entouré de ses nuages brumeux juste derrière eux. Tom Caulton se régale dans la descente, repérant les plus gros obstacles pour se préparer au grand spectacle dans quelques semaines.

Sam Stewart est à gauche sur le sommet. Il n’a jamais skié cette face auparavant, mais je glisse avec lui depuis quelques années et j’ai pu témoigner de sa solidité sur les planches à de maintes reprises. En plus, je l’ai mis sur un Atris en 190 qui est plus grand que lui de trente centimètres. “Hey, viens charger le pipeline. C’est juste un petit couloir étroit avec une sortie rapide. Ça devrait le faire.” Ce qu’il ne sait pas, c’est que par sortie rapide, je fais référence à l’inévitable barre de 6 mètres sur la ligne. Je ne l’ai jamais trop induit en erreur, alors il me fait confiance et s’accroche. Je me gare de l’autre côté de la vallée avec la caméra, prêt à capturer son inévitable succès (ou pas). Dans tous les cas, je me tiens prêt pour savourer le spectacle.

Il surgit soudainement aussi vite que l’éclair et réussit à naviguer dans la face infestée de rochers pour trouver l’entrée. Ce qui en soi n’est pas un mince exploit, à mi-chemin de la face. Sam plonge directement dans le couloir et en trois virages rapides, il se débarrasse de l’herbe sous ses pieds. Il regarde le long de la ligne, et je jure de l’entendre rire quand il se rend compte que je l’ai encore bien eu. Mais il a du talent, ses pieds savent quoi faire, et son corps suit le mouvement. Il vise bien, saute par anticipation, déploie ses ailes, replaque, s’accroche. En criant sur le lac gelé à un million de kilomètres à l’heure, une joie incontrôlable prend le dessus et il se retourne pour savourer le moment. La vie est belle.

Une semaine plus tard, avec un groupe d’amis nous sommes partis pour Ohau Snow Fields. Toujours enclavés dans la sécheresse du mois d’août, les conditions devenaient sérieusement sinistres dans les chaînes de montagnes. Ohau est une petite rivière magnifique située au-dessus du lac du même nom. C’est le camp de base de l’équipe de ski américaine pour leurs entraînements hors saison, et l’une de mes nombreuses maisons. L’endroit est réputé pour son accès au backcountry, avec le relief absolument phénoménal de la Barrier Range skiable dans toutes les expositions. Compte tenu de la sécheresse et de la rareté du manteau neigeux, nous avons opté pour les Justis et les Vertis. Les hanches balancent. Des tranchées dans les sillages, des sourires sur les visages. Jack Paterson (JP) fait revivre le mono (s’il te plait faire un mono, je t’en supplie). JP a peur.

Avec notre climat quelque peu tempéré, la limite neigeuse a tendance à s’élever au-dessus du fond de la vallée, ce qui fait que des routes de gravier serpentent à flanc de montagne sur des dizaines de kilomètres pour accéder à la station. Un ami m’a dit un jour : “Je viens de passer neuf mois à vivre et à explorer les routes secondaires de l’Himalaya. Ohau, c’est pire.” Bien sûr il exagérait un peu, mais ce sentiment a une part de vérité. Nos routes d’accès sont définitivement quelque chose d’unique. Et pour garantir votre réussite, vous aurez besoin d’un 4×4 surélevé et de très bonnes chaînes à neige. Les routes deviennent particulièrement piquantes lorsque vous commencez à explorer les champs de Canterbury et Otago. Ici, les seuls véhicules d’entretien sont des bulldozers d’un vintage similaire à celui de la Joconde, et la neige est déblayée une fois que l’opérateur a eu sa dose de peuf dans la tête sur les skis. Le vrai secret ? Arriver avant la tempête et se laisser enneiger. Vous vouliez vraiment aller travailler… c’est tellement dommage de rester coincés ici pendant 5 jours dans votre cabane avec une face remplie de poudre pour vous tout seul, n’est-ce pas ?

Ah oui j’oubliais, ici c’est la Nouvelle-Zélande. Les choses se passent rarement, voire jamais, comme prévu. Et si organiser une tournée de ski nationale alors que l’enneigement n’a jamais été aussi faible n’était pas un défi suffisant, il y avait aussi tout le reste. Les régions de Canterbury ont tiré à la courte paille et seuls deux domaines skiables ont réussi à ouvrir, dont l’un ressemblait aux pistes de ski de Dubaï. Nous reviendrons pour vous l’année prochaine, Craigieburn, Temple Basin, et Mont Olympus. Vous valez toujours la peine d’attendre.

Après un arrêt rapide pour faire un tour sur les pistes de slush de Porter Heights, nous sommes retournés aux Southern Lakes et avons terminé la tournée par une soirée de ski nocturne à Coronet Peak. Du ski en bande, des side hits, des backflips, des snake runs, de la musique live et des soirées sur le parking sont inévitablement l’occasion de célébrer un bon moment et apprécier la vie. Gardez juste un œil sur les ombres mystérieuses entre les lumières… elles finiront par vous avoir.

Avec tout cela, la tournée Ski Sauvage s’achevait déjà pour cet hiver. La neige est revenue et le mois de Septembre a apporté suffisamment de poudreuse pour compenser des hivers entiers. Les dates de fermeture ont été repoussées, les glaciers ont blanchi, le backcountry est devenu accessible et les sommets ont été abandonnés. Finalement, l’été est arrivé, on a rangé les skis et les avons remplacés par des cordes, des kayaks et des vélos. La vie continue et comme l’a dit un jour un grand sage un peu fou : “Si je reste ici au soleil et que je surfe assez longtemps, viendra de nouveau le temps de skier. Comme c’est bon de se dire ça !”.

À une année d’imprévus. Une année de changements et de défis. Une année d’amitiés, de liberté, de beauté et de plaisir.

Un grand merci à tous ceux qui nous ont soutenu, participé et aidé à la grande tournée, en particulier Neil Stichbury, Tony Mann et Holly Ross. Un grand merci également aux légendes de B.Effect Brewing pour avoir étanché notre soif avec succès <3

L’édition 2021 arrive à grand pas, alors on prend les mêmes et on recommence.

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DATES SKI SAUVAGE 2021 :

Les dates et lieux sont les suivants (sous réserve de modifications en raison de la météo) :

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