Tamam tamam

Guillaume Saenz, membre de l’escadrille et photographe, ainsi que Jérémy Gey, pisteur, et Réza Nassif, tous originaires des Pyrénées, ont mis le cap sur la Turquie pour un petit séjour oriental de fin de saison. Un pari risqué pour les conditions en avril, mais qui a payé avec des montagnes enneigées à perte de vue et pas un pelé ni de tondu sur lesdites montagnes.

Guillaume Saenz

Après plusieurs mois d’hésitation entre la Turquie, la Géorgie et l’Iran pour notre dernier voyage de la saison, nous décidons de mettre le cap sur la Turquie et plus particulièrement le Caucase où les conditions d’enneigement semblent les meilleures.

C’est parti pour 26 heures de voyage, en comptant un arrêt à Istanbul où nous passons une première nuit rude, mais qu’importe, nous sommes déjà tournés vers les montagnes, impatients de découvrir cette partie du Caucase.

Un second vol vers Erzurum, au nord-est, et nous apercevons les premiers sommets enneigés. Le dépaysement est total, les Turcs sont accueillants et leur cuisine – dont le fameux Kebab – tout à fait à notre goût.

Après 2 heures de bus, nous arrivons dans la petite ville de Yusufeli où Ismaël, notre hôte, vient nous chercher en 4×4 pour nous conduire dans son lodge situé dans le village d’Olgunlar au pied du massif du Kackar, à 2 100 m d’altitude. Ce sera notre camp de base pour la semaine.

Guillaume Saenz

Le lendemain, après un repas digne d’un bon restaurant (ce deviendra une habitude tout au long du séjour) et une bonne nuit de sommeil, nous chaussons les skis au pied du lodge. Désormais bien plus à l’est et avec une heure de décalage, le soleil se lève aux alentours de 5 h 30 et, avec les températures printanières, il faut se lever tôt pour profiter du bon créneau et que la neige soit à point.
La montée est super agréable, les paysages sont grandioses, il fait bon et nous sommes seuls à des centaines de kilomètres à la ronde ! Nos premiers virages nous donnent encore plus le sourire, la neige de printemps est excellente, le voyage commence bien. Toute la semaine, nous ferons des courses allant de 900 à 1 500 m de dénivelé et d’environ 5-6 heures chacune avant d’aller nous reposer au lodge, les vacances parfaites.
L’après-midi, les températures sont trop importantes pour skier et nous en profitons pour préparer les prochaines courses. Ismaël est très accueillant et nous discutons des bons spots, des histoires de son village, de son pays, de sa famille… C’est un réel plaisir de loger chez lui, perdus dans les montagnes.

Dans la semaine, nous aurons eu droit à toutes les conditions avec des chutes de neige alternant avec des bronzettes en terrasse. On se croirait dans les Pyrénées.

Les possibilités en randonnée sont énormes et il faudrait plusieurs saisons pour explorer la région. Après avoir repéré un joli couloir, Jérémy et Reza décident de tenter leurs chances et nous partons très tôt en espérant que le temps soit clément. Après une bonne marche et une belle course d’arête, ils rejoignent le haut d’un couloir que nous décidons de nommer « le couloir Ismaël ». Et là, jackpot, une pente à 45° avec 20 cm de neige encore fraîche. Un miracle.

Guillaume Saenz

Les jours s’enchaînent et le vent du sud fait fatalement fondre le manteau neigeux. Nos randonnées commencent désormais chaussures et skis sur le dos, on ne chausse plus au lodge… Mais nous trouvons de quoi faire et surtout, nous gardons le sourire.

Et il en faut quand la pluie et le vent s’y mettent. La neige ne tient qu’à partir de 2 500-2 600 m et, même s’il reste de quoi faire en altitude, nous décidons, sur les conseils d’Ismaël, de terminer en allant visiter la Cappadoce.

Après 11 heures de bus en direction du centre de la Turquie, nous arrivons dans cette magnifique région, célèbre pour ses villages troglodytes, son patrimoine chrétien, ses paysages semi-désertiques et aujourd’hui, pour les décollages de centaines de montgolfières au petit matin. À l’arrivée, c’est à nouveau le dépaysement total avec un des plus beaux levers de soleil que nous ayons jamais vu. Jérémy avait lu quelques articles sur un fameux volcan tout prêt d’ici, le mont Erciyes. Malheureusement, une fois sur place, nous découvrons que la station au pied du volcan est fermée et la gendarmerie locale nous interdit d’emprunter les névés de neige pour tenter le sommet.

Guillaume Saenz

Au final, nous aurons passé une superbe semaine dans des montagnes exceptionnelles et totalement vierges de toutes traces humaines. Si nous espérons que le coin reste sauvage, nous vous conseillons cette destination atypique pour un voyage à ski. Le potentiel est énorme et le voyage économique pour une telle qualité d’hébergement, de nourriture et surtout de ski !

Aide voyage :
Vol : Bilbao – > Istanbul / Istanbul -> Erzurum
Bus : Erzurum (directement depuis l’aéroport) -> Yusufeli
4×4 : Yusufeli -> Olgunlar (Ismaël vient vous chercher)

Lodge : Kackar Pansyion site : http://www.kackar.net/
Kckar Pansyion Facebook: https://www.facebook.com/kackarpansiyonn/

 

Articles associés


Gexnuflexions : joyeux bilan