Viridis:
l’interview de Lange

Entretien avec Julien Lange au sujet de sa dernière vidéo, Viridis.

Black Crows : Pourquoi ce titre Viridis ?
Julien : C’est le nom scientifique d’une plante qui sert à la fabrication de l’ayahuasca (Psychotria viridis, NDLR). Le sujet est parti de cette plante et des hallucinations que sa consommation entraîne.

Black Crows : Comment t’es venue l’idée de ce film un peu étrange et inclassable ?
Julien : Pour être franc, l’hiver dernier, on a tourné le projet Visions avec Black Crows et donc je me suis retrouvé avec un paquet d’images en fin de saison et il fallait que j’en fasse quelque chose. J’ai donc fait l’inverse que d’habitude avec un scénario imaginé en aval. Ce n’est pas ce que je préfère, c’est beaucoup plus intéressant de travailler ton film dans la continuité. Mais, finalement, je suis content du résultat.

Black Crows : Et pourquoi ce concept lié à une plante chamanique ?
Julien : C’est en discutant avec quelqu’un du DMT (diméthyltryptamine, NDLR) et du fait que l’on en posséderait tous naturellement dans notre corps. Cette correspondance entre notre corps et une molécule que l’on peut consommer m’a intéressé. J’ai lu pas mal de choses et j’ai découvert qu’il y avait plein d’interprétations dont le voyage dans des dimensions parallèles, réelles ou non. Même si je n’ai jamais essayé ce genre de truc, je pense que les voyages psychédéliques peuvent apporter d’autres dimensions. Ça m’a donné le concept de départ.

Black Crows : Et donc… Tu es allé prendre de l’ayahuasca au Pérou.
Julien : Non, une fois que j’ai imaginé le concept du film, j’ai décidé d’essayer de tourner une intro en Indonésie où j’avais prévu d’aller. L’idée était déjà là en toute fin d’hiver.

Black Crows : Quels ont été les retours, cela touche un domaine sensible même si ce n’est qu’une œuvre de fiction ?
Julien : Je ne peux gagé de l’honnêteté des gens, mais je n’ai eu que de bons retours. On m’a dit que c’était différent, et c’est un super compliment car c’est ce que je cherche à faire, apporter de la nouveauté. Il a aussi été sélectionné à l’IF3 dans la catégorie court-métrage. C’était assez gratifiant.

Black Crows : Tu n’avais pas peur des critiques sur une certaine complaisance vis-à-vis de substances mal perçues ?
Julien : Non, j’ai utilisé ce moyen comme initiateur du film, mais je suis resté très abstrait. Mon but n’était ni explicatif, ni incitatif. Il boit une plante, il a des visions et je joue avec les effets spéciaux. D’ailleurs, cela ne donne pas forcément envie de boire ce breuvage.

Black Crows : L’ayahuasca est aussi appelée liane des morts, des âmes ou des esprits. Faut-il y voir un lien avec l’hommage à ta maman, récemment décédée ?
Julien : Non aucun, à vrai dire je n’y avais même pas pensé. Non, simplement ma mère a été une des premières personnes à lire ce scénario et elle l’avait appréciée.

Black Crows : Et cette saison, cette fois avec un projet que tu as pu préparer en amont, quel est le concept ?
Julien : Je n’en dirai pas trop, mais c’est une histoire d’opposition et de symétrie.

 

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