Mt McDonald : première

Christina Lustenburger et Andrew McNab ont réalisé la première descente à ski du mont McDonald dans le parc national des Glaciers en Colombie Britannique. Pour Christina, cette réalisation apporte une nouvelle satisfaction dans son désir d’honorer les plus belles pentes et montagnes de son vaste pays.

Christina Lusti

Le Mont McDonald, du haut de ses 2 883 mètres, trône au-dessus de Rogers Pass. Bien enneigé, sa face nord-ouest peut aiguiser l’appétit des connaisseurs. “C’est l’une des grosses lignes non skiée dans les environs. On peut l’apercevoir depuis la route transcanadienne. Cela fait environ 7-8 ans que j’espère la réaliser. Pour moi, ce qui fait l’attrait d’une première, c’est le désir d’inconnu. Personne ne l’a skié donc il n’y a pas de topo. Tout est à inventer”.

Christina Lusti

Avec les très bonnes conditions sur la Colombie Britannique depuis mi-janvier, la ligne convoitée est devenue envisageable. Christina s’est donc associée avec un vieux compagnon de cordée, Andrew McNab, pour tenter cette première. “Cela fait dix ans que je skie avec Andrew. C’est le genre de gars à qui tu peux envoyer un message la veille et, s’il ne travaille pas, sûr qu’il sera partant. Il est originaire de Revelstoke et a voyagé aux quatre coins du globe. Il a un passé de ski alpiniste et vient juste de terminer son diplôme de guide à ski. Il est non seulement très talentueux en montagne, mais c’est aussi un ami avec qui je partage les mêmes objectifs et la même approche.”

Andrew MacNab

Partis de Revelstoke à 6 h 30, Christina et Andrew mettent ¾ d’heure de voiture pour arriver au col. Après avoir réévalué l’itinéraire depuis la route et vérifié que cette zone d’accès est ouverte, ils commencent leur ascension (à Rogers Pass, il existe un système de permis d’accès hivernal car les déclenchements d’avalanche se font au canon depuis le bas, NDLR). “Cela nous a pris environ 4 heures-4 h 30 pour arriver au sommet. Au menu, de la peau, de l’ascension skis au dos et quelques passages en rocher. Avec ce genre de ligne, il faut guetter les bonnes conditions. Il y a une énorme barre rocheuse au milieu de la voie qui nécessite des rappels, alors une bonne partie de la descente, tu es très exposée. Certaines années, la face est sèche et pleine de cailloux. Mais cette saison, Revelstoke a pris beaucoup de neige et les faces sont bien chargées. Alors il ne restait plus qu’à attendre le créneau entre bonnes conditions et manteau stabilisé.”

Andrew MacNab

Avec un long rappel de 70 mètres dans le sac, Christina et Andrew ont voulu minimiser les risques d’être court en corde, mais ont dès lors alourdi leurs charges. Bien leur en a pris car ils ont effectivement installé trois rappels dans la partie centrale. “Au départ, j’étais un peu soucieuse à cause de la grande barre rocheuse au milieu de la voie. Mais plus ça allait et plus je me suis tranquillisée, sachant qu’on avait le bon matériel et la bonne qualité de neige. Je crois qu’on a tous les deux bien joué notre partition. Et avec ces conditions parfaites sur toute la ligne, on a pu le faire avec style !” Il ne restait alors plus à Christina que de filer acheter ballons et gâteau pour fêter l’anniversaire de son mari à la maison. Les bonnes conditions n’attendent pas, d’autant plus quand on a le projet d’épingler les plus belles lignes de son pays à son palmarès. “J’ai une liste informelle de lignes que j’aimerais skier. Certaines sont des premières, d’autres simplement de magnifiques montagnes ou des lignes auxquelles j’aimerais me mesurer.”

 

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