WhoMadeWho

Rencontre avec Tomas Barford, membre du group WhoMadeWho et skieur alternatif.

WhoMadeWho, groupe danois formé par Tomas Høffding, Tomas Barford et Jeppe Kjellberg, est habitué à jouer dans des sites fabuleux. Des Temples d’Abou Simbel en Egypte au festival Burning Man dans le désert de Black Rock dans le Nevada, le groupe semble transcendé par la majesté des lieux. La montagne est également un espace multidimensionnel qui libère l’énergie de ce groupe dont les performances live sont toujours spectaculaires. Tomas Høffding revient sur le lien particulier que le groupe entretient avec le ski et l’altitude, vecteurs de créativité et d’émotions sui generis.

Black Crows : Qu’est-ce qu’une journée à la montagne peut t’apporte par rapport à une journée en studio ?

Tomas Barford: La montagne vous rend votre corps. Dans le studio, vous vivez dans votre tête, dans les sons, dans un écran, obsédé par la recherche du son parfait pour la batterie. En montagne, vous redevenez soudainement une personne qui évolue dans un environnement immense et indifférent. Cette humilité est difficile à trouver ailleurs. Vous revenez au studio complètement vidé, mais plein d’autre chose.

Black Crows : ⁠Jouer en live procure-t-il une énergie similaire à celle du ski ? En quoi ces deux sensations se rejoignent ?

Tomas Barford : Absolument, les deux impliquent un engagement total. Une fois que vous vous élancez sur une pente raide ou que vous vous avancez devant un public, il n’y a plus de retour en arrière et l’hésitation est votre pire ennemie. Comme en descente, une fois que vous avez commencé, il est pratiquement impossible de s’arrêter. C’est pareil pour le DJing : à un moment donné, dans un long set, peut-être vers la deuxième heure, il y a un déclic. On arrête de réfléchir et on se laisse porter. C’est exactement la même sensation que lorsqu’on fait une belle descente à ski. À un moment donné, on ne pense plus, c’est le le corps qui agit.

Black Crows : Le ski a-t-il déjà influencé votre approche de la création musicale ou de vos performances ensemble ?

Tomas Barford : On peut dire que bon nombre de nos séjours au ski ont eu lieu pendant que nous étions en tournée. Le ski est une très bonne expérience et permet de renforcer les liens au sein du groupe. Je pense que tout ce qui nous rapproche en tant qu’êtres humains nous rend également meilleurs en tant que groupe.

Black Crows : Votre créativité est-elle différente en montagne ? Vous arrive-t-il d’avoir des idées dans un télésiège ?

Tomas Barford : Le télésiège est vraiment un endroit idéal pour réfléchir. Vous avez froid, vous êtes fatigué, votre téléphone n’a pas de réseau, vous êtes en quelque sorte obligé de rester assis et de contempler la beauté du paysage. Cet ennui est productif.

Black Crows : En quoi le fait de jouer en altitude, entouré de sommets, change-t-il votre relation avec le public ?

Tomas Barford : On n’est pas anonyme lors d’un festival en montagne. Dans un club, les gens peuvent se cacher dans l’obscurité. Ici, tout le monde plisse les yeux face au même soleil. On a les joues rougies. On est un peu épuisé, un peu euphorique à cause de l’altitude et de la journée passée sur les pistes. Le public arrive déjà ouvert. Le seuil émotionnel est plus bas, dans le bon sens du terme. Nous le ressentons dès le premier morceau.

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